Il y a des voyages que l’on prépare pour les lieux que l’on veut voir, et d’autres qui commencent bien avant l’arrivée, simplement parce que le trajet fait déjà partie de l’expérience. Pour rejoindre Milan, nous avons choisi le train. Huit heures de voyage, un retard de trente-cinq minutes, quelques heures à regarder les paysages défiler et cette sensation très particulière de quitter progressivement son quotidien. Le trajet a été long, bien sûr, mais il n’a pas été désagréable. Il nous a permis d’entrer doucement dans le voyage, sans rupture brutale, en voyant les villes, les plaines et les reliefs se transformer au fil des kilomètres.
Milan nous a accueillis avec son énergie, son architecture monumentale, ses rues animées et son rythme très urbain. Trois jours dans une ville ne suffisent évidemment pas pour tout comprendre, mais ils permettent déjà d’en saisir une atmosphère. Ce que j’ai immédiatement apprécié, c’est la facilité avec laquelle on peut s’y déplacer. Nous avons utilisé le métro, qui s’est révélé très simple, clair et parfaitement compréhensible. Même dans une ville que l’on ne connaît pas, on trouve rapidement ses repères. Les lignes sont lisibles, les correspondances faciles et les principaux lieux sont accessibles sans difficulté.
Cette simplicité change beaucoup la manière de découvrir une ville. On ne perd pas de temps à chercher comment rejoindre un quartier, on peut modifier son programme sans inquiétude et revenir facilement vers un lieu que l’on souhaite revoir. Milan donne ainsi l’impression d’être une grande ville très accessible, organisée autour d’un réseau de transport qui permet de circuler librement sans se sentir perdu.
Milan, une ville qui impose sa présence
Milan ne se livre pas exactement de la même manière que certaines villes italiennes immédiatement séduisantes par leurs ruelles anciennes ou leur douceur. Elle impressionne d’abord par sa grandeur, par ses bâtiments, par ses perspectives et par cette manière de mêler histoire, modernité et élégance.
Le Duomo domine évidemment la ville, mais Milan ne se résume pas à sa cathédrale. Il y a la galerie Vittorio Emanuele II, le quartier de Brera, le château des Sforza, les rues commerçantes, les façades plus discrètes et tous les détails que l’on découvre en marchant. La ville invite à lever les yeux, à regarder les pierres, les fenêtres, les passages et les contrastes.
Ce qui m’a plu, c’est justement cette diversité. Milan peut être spectaculaire, presque solennelle, puis devenir plus calme quelques rues plus loin. Elle possède une énergie très différente de celle que l’on retrouve ensuite autour du lac de Côme. Pendant trois jours, nous avons marché, pris le métro, visité, observé et essayé de profiter de la ville sans transformer chaque journée en course contre la montre.
Quitter la ville pour rejoindre le lac
Après Milan, nous avons loué une voiture pour rejoindre le lac de Côme. Le choix de la voiture nous semblait plus pratique pour circuler librement entre les différents villages, nous arrêter selon nos envies et ne pas dépendre entièrement des horaires.
Ce changement de moyen de transport correspondait aussi à un changement d’ambiance. À Milan, tout était organisé autour des lignes de métro, des rues, des monuments et du mouvement. En quittant la ville, les paysages ont progressivement pris plus de place. Les reliefs sont apparus, les routes se sont resserrées et le lac a fini par se dévoiler entre les montagnes.
Nous étions logés à Bellano, sur la rive orientale du lac. Ce choix nous a permis de découvrir un environnement plus calme, loin de l’agitation milanaise. Bellano a servi de point de départ pour explorer plusieurs lieux, notamment Varenna, Menaggio, la ville de Côme et l’Orrido di Bellano.
Bellano, un point d’ancrage face au lac
Être logés à Bellano a donné au séjour une atmosphère particulière. Après les journées très urbaines de Milan, nous retrouvions le lac, les montagnes, les rues plus tranquilles et un rythme complètement différent.
Bellano n’a pas le caractère immédiatement spectaculaire de Varenna, mais le village possède une vraie douceur. Il permet d’être au bord du lac sans être constamment au milieu d’une foule importante. On y trouve les éléments essentiels du séjour : les vues, les promenades, les petites rues, les commerces et cette impression d’être installé dans un lieu habité plutôt que dans un décor uniquement tourné vers les visiteurs.
L’Orrido di Bellano apporte également une dimension différente. Après la lumière du lac et la tranquillité des rives, on découvre l’eau qui traverse la roche avec force, dans un espace plus sombre et impressionnant. Cette visite mérite à elle seule un article, tant elle contraste avec l’image paisible que l’on associe habituellement au lac de Côme.
Varenna, la découverte la plus marquante
Parmi les villages découverts, Varenna a été celui qui m’a le plus touchée. Dès l’arrivée, le lieu semble correspondre exactement à l’image que l’on peut avoir du lac de Côme, tout en la dépassant. Les maisons colorées, les ruelles étroites, les passages sous les arches et les ouvertures soudaines sur l’eau composent un paysage d’une grande beauté.
Chaque rue semble offrir un cadrage différent. On avance entre des façades jaunes, rouges ou ocre, puis le lac apparaît au bout d’un passage. La montagne se dessine en face, la lumière se reflète sur l’eau et les maisons semblent s’accrocher au relief. Varenna possède quelque chose de très harmonieux, presque irréel, sans donner pour autant l’impression d’être artificielle.
C’est un lieu qui donne envie de marcher lentement, de regarder les détails et de prendre des photographies à chaque détour. Parmi toutes les étapes du séjour, c’est probablement celle qui a laissé l’impression la plus forte.
Menaggio et la ville de Côme, deux expériences différentes
Menaggio offre encore une autre manière de découvrir le lac. Le village est agréable, ouvert sur l’eau et propice à la promenade. On y retrouve les montagnes, les quais et les grandes perspectives, avec une atmosphère différente de celle de Varenna.
La ville de Côme, en revanche, m’a moins séduite. Elle possède bien sûr de beaux bâtiments, une basilique, des rues intéressantes et une position importante au bord du lac, mais elle ne m’a pas donné la même émotion que Varenna. La ville est plus grande, plus urbaine et peut-être moins immédiatement liée à l’image intime et colorée que j’avais du lac de Côme.
Cela ne signifie pas qu’elle ne mérite pas d’être visitée. Simplement, certains lieux nous touchent davantage que d’autres. Varenna m’a semblé plus belle, plus chaleureuse et plus proche de ce que j’étais venue chercher.
Deux rythmes dans un même voyage
Ce séjour reposait sur un contraste très fort entre Milan et le lac de Côme. D’un côté, une grande ville, ses monuments, son métro, son architecture et son mouvement permanent. De l’autre, les montagnes, l’eau, les villages et des journées qui semblaient s’écouler plus lentement.
Ce contraste a donné au voyage son équilibre. Milan nous a apporté l’intensité des découvertes urbaines, tandis que le lac a offert l’espace, la lumière et une forme de respiration. Passer directement de l’un à l’autre a permis de mesurer à quel point un changement de paysage modifie aussi notre manière de vivre les journées.
À Milan, nous regardions les bâtiments, les œuvres et les rues. Autour du lac, nous regardions davantage les reliefs, les couleurs, le ciel et la manière dont les villages s’inscrivaient dans le paysage. Le regard ne se portait plus sur les mêmes choses, et le voyage semblait presque recommencer.
Ce que je retiens de ces cinq jours
Je retiens d’abord la simplicité du trajet en train, malgré sa durée et le retard. Huit heures peuvent sembler longues, mais elles donnent aussi au départ une vraie présence. Le voyage ne commence pas au moment où l’on pose ses valises. Il commence lorsque le train quitte la gare et que les paysages deviennent peu à peu inconnus.
Je retiens ensuite la facilité de se déplacer dans Milan grâce au métro, qui permet de découvrir la ville sans difficulté. Je retiens le contraste entre la monumentalité milanaise et la douceur du lac, entre les rues animées et les villages accrochés à la montagne.
Je retiens surtout les images : le Duomo, les rues de Brera, les montagnes qui plongent dans le lac, les façades colorées de Varenna, les passages étroits ouvrant soudain sur l’eau et les grands nuages au-dessus des reliefs.
Ces cinq jours ont montré qu’un voyage relativement court peut contenir plusieurs atmosphères très différentes. Il suffit parfois de quelques heures de train, d’une ville, d’une route et d’un lac pour avoir l’impression d’être parti beaucoup plus longtemps.
Cet article n’est qu’une première étape. Dans les prochaines semaines, je reviendrai plus précisément sur Milan, le Duomo, Brera, le château des Sforza, Bellano, l’Orrido, Varenna, Menaggio et la ville de Côme. Il sera aussi question de trajets, de bonnes adresses, de lieux à visiter et, bien sûr, des nombreuses photographies rapportées de ce séjour. Une manière de prolonger le voyage, mais aussi de prendre le temps de raconter chaque lieu autrement qu’en quelques lignes.

